Le ligament inguinal et le tractus ilio-pubien


D'épaisses bandes fibreuses ou rétinacula existent en rapport avec beaucoup d'articulations qui ont un large éventail de mouvements ; elles retiennent les structures contre le plan squelettique lors des diverses positions de l'articulation. Le ligament inguinal et le tractus ilio-pubien, s'étendant de l'EIAS jusqu'au tubercule pubien, constituent un rétinaculum antérieur (fléchisseur), bilaminaire, de l'articulation de la hanche. Le rétinaculum tend l'espace subinguinal, par lequel passent les fléchisseurs de la hanche ainsi que les structures neurovasculaires se distribuant surtout au membre inférieur. Ces bandes fibreuses sont les portions épaissies les plus inféro-latérales des couches externe et interne de la paroi antéro-latérale de l'abdomen (à l'exception des structures tégumentaires et extrapéritonéales) ; elles constituent les principales limites de la région.

Le ligament inguinal est une bande dense qui constitue la partie la plus inférieure de l'aponévrose de l'oblique externe. Bien que la plupart des fibres de ce ligament se terminent médialement sur le tubercule pubien, d'autres suivent un autre trajet :

  • Quelques fibres plus profondes passent postérieurement pour s'attacher sur le rameau pubien supérieur, latéralement au tubercule (pecten du pubis, crête pectinéale), pour former le ligament lacunaire (Gimbernat) qui constitue le bord médial de l'espace subinguinal. Les fibres les plus latérales se continuent le long du pecten du pubis, comme ligament pectine (de Cooper).
  • Quelques fibres les plus supérieures font un éventail dirigé vers le haut, évitant le tubercule pubien et croisant la ligne blanche pour se mélanger avec les fibres inférieures de l'aponévrose de l'oblique externe hétérolatéral. Ces fibres forment le ligament inguinal réfléchi.

Le tractus ilio-pubien (arcade crurale profonde, bandelette iliopubienne) est le bord inférieur épaissi du fascia transversalis prenant la forme d'une bande fibreuse qui s'étend à la face postérieure (profonde) et parallèlement au ligament inguinal. Ce tractus n'est visible que lorsque la région inguinale est observée par sa face interne (postérieure) (par ex., au cours d'une laparoscopie) ; il renforce la paroi postérieure et le plancher du canal inguinal lorsqu'il fait un pont audessus des structures qui traversent l'espace subinguinal.


Le ligament inguinal et le tractus ilio-pubien s'étendent audessus d'une région de la paroi du corps qui a une faiblesse innée au niveau de l'aine et est appelée orifice myopectinéal (Fruchaud, 1956). Cette faible région, en rapport avec les structures qui traversent la paroi du corps est le siège des hernies du pli de l'aine (hernies inguinales, directe et indirecte, et fémorale).